Tatouage : cette histoire dans la peau

Je suis un peu tatouée…. rectification : je suis une tattoo addict.

Le tatouage ça s’attrape un jour, comme un virus, et je crois qu’on en guérit jamais vraiment. Certains aiment en avoir, d’autres les voir et certains détestent ça. En même temps le tatouage c’est particulier, et depuis plusieurs années, on peut en voir partout : dans les médias, sur des gens dans la rue, des personnes qui ont un métier qui ne laisse pas penser qu’ils peuvent être tatoués (coucou les banquiers !) ; et surtout on en voit de tous les styles.

Crédit photo : Céline Zbieski

Exit le tatouage tribal ou le portrait de Môman ou du chien sur l’épaule, c’est so nineties tout ça. Aujourd’hui il se décline sous une multitude de genre : des minimalistes (un petit triangle sur le poignet, fin et discret), du old school (une petite hirondelle sur la poitrine), du new school (la même hirondelle en plus colorée avec un petit air de cartoon), du graphique, du crayonné, de l’aquarelle, de l’effet feutre, du noir et gris, du trash polka, du dot, des arabesques, du polynésien, du celte, du tribal, du portrait…. etc… Bref il y a du choix.

Et toi ? t’es tatoué.e ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai attrapé le virus du tatouage. J’ai commencé par en faire un tout petit, un tribal tout simple, fait en 30 min top chrono, à l’intérieur du poignet, pour tester, voir si j’avais mal, si je supporterai la douleur, et je voulais quelque chose de discret. Manque de bol, c’est passé comme une lettre à la poste, pas une seule douleur…. Bon ben je vais m’en faire d’autres alors !

J’ai dessiné un autre tatouage d’inspiration tribal pour le dos, petit, encore qu’à l’époque ça me paraissait grand. Je n’aimais pas encore la couleur à l’époque. Et les tatouages noirs c’était pour le côté rock aussi. J’en ai profité pour dessiner aussi un ajout au premier, afin de le rendre plus personnel. Puis j’ai opté pour un tatouage un peu plus rock, des fleurs avec une tête de mort, en rouge et noir.

J’ai réussi à tenir un an et demi avant le suivant : une petite clef sur les côtes. J’ai rien senti non plus. Celui-ci aussi je l’ai dessiné comme le suivant : un dreamcatcher sur la cuisse, en couleur celui-ci.

Des tatouages de plus en plus personnels

Depuis les premiers tatouages, j’ai pas mal évolué dans ma démarche. Les tatouages ont plus de significations aujourd’hui ou sont plus réfléchis dans les choix graphiques ou de composition. En effet, les premiers c’était plus pour correspondre à une image rock et peut-être un peu rebelle que j’avais à l’époque, ainsi qu’un geste d’émancipation. Oui j’ai attendu d’avoir 18 ans et de pouvoir les faire car mes parents n’étaient pas pour et ce n’est pas plus mal.

Les tatouages qui ont suivi ont donc tous été faits en couleurs et correspondent à des symboliques ou moments forts liés à ma vie, mon histoire et celles de mes proches. A la mort de mes grands-parents maternels j’ai été bouleversé. 6 ans plus tôt c’était la mort de grand-père paternel et cela m’avait aussi chamboulé. Je m’étais un peu lachée sur les soirées étudiantes et l’alcool pour me changer les idées. Je faisais un peu – trop – la fête. Pour mes grands-parents maternels, nous allions déménager au Canada pour un an et être éloigné de ma famille. Je pense que c’est pour cela que j’ai eu besoin d’un tatouage pour garder une trace d’eux, et un lien avec ma famille malgré les kilomètres. J’ai donc déboulé dans le salon de tatouage où j’avais fait le dreamcatcher et discuté en pleurs avec le tatoueur de l’époque pour parler de mon projet d’hirondelles en leur mémoire. Il a réussi à me caler un rendez-vous dans les trois semaines précédant notre départ.

Crédit photo : Mélanie Reichhart

Ce tatouage est très important pour moi. Il s’agit de trois hirondelles sur mon flanc : une en noir et gris pour mon premier grand-père qui nous a quitté il y a 12 ans cette année, une seconde pour mon grand-père maternel en bleu et noir qui est décédé une semaine tout pile avant ma grand-mère, et une troisième pour ma grand-mère maternelle, tout en couleur, elle est morte le soir de l’enterrement de mon grand-père, après que toute la famille soit passée la voir. La gradation des couleurs a été choisie afin de correspondre au temps qui est passé depuis la mort de chacun de mes grands-parents, en noir pour le plus ancien et en couleur pour le plus récent. Comme si le temps effaçait un peu les couleurs, comme il efface la peine.

Crédit photo : Céline Zbieski

Afin de le compléter, j’ai voulu ajouter un tatouage avec des rouages, pour représenter le temps qui passe. J’aime aussi beaucoup l’univers steampunk, donc je voulait des couleurs dans ses tons là : bois, cuivre, doré. J’ai fait confiance au tatoueur, qui m’a fait un tatouage avec des rouages finis et colorés avec des tâches bleues comme l’oxydation, pour représenter le passé, des rouages avec une traînée d’aquarelle, pour le présent, comme si ils se faisaient remplir, et enfin des rouages encore en construction, avec des traits non finis, comme un plan, pour représenter l’avenir. Celui-ci a été fait dans le sens opposé des hirondelles : pour les oiseaux le plus noir est en haut et le plus coloré en bas, pour les rouages c’est l’inverse. J’aime beaucoup ces deux tatouages. Ils parlent un peu de mon histoire.

Crédit photo : Mélanie Reichhart

Du Geek et du Kawaï

Pour les derniers, je suis allée dans ce qui me correspond plus : la couleur, les références aux mangas, animes, jeux-vidéos et livres. J’ai ainsi fait un Fairy Tail pour mes proches et ami(e)s, parce que je sais que je peux toujours compter sur eux et que je ferais mon maximum pour les aider si ils en ont besoin. J’ai voulu qu’il soit fait avec un effet galaxie, parce que je trouve que l’univers a quelque chose de mystérieux et m’intrigue énormément, mais aussi pour la référence à la science-fiction, un genre que j’affectionne particulièrement, et en référence aux séries qui m’ont beaucoup inspirées : la Fondation de Isaac Asimov et Hypérion / Endymion de Dan Brown.

Ensuite j’ai appris qu’une tatoueuse dont j’adore le travail très graphique : Zelda Black Jean-Jacques passait près de chez moi. Ni une, ni deux, je l’ai contacté pour savoir si mon projet de chat de Cheshire en style graphique, crayonné, l’intéressait pour son guest. Et en voilà un de plus !

Crédit photo : Caroline Buri

Et vu que j’aime beaucoup son travail, mon dernier tatouage, le mollet en entier cette fois-ci est encore en cours. J’ai déjà réalisé le tracé avec cette même tatoueuse qui fait beaucoup de couleur et de crayonné, un style qui me correspond bien plus maintenant. Et la semaine prochaine on va y mettre la couleur ! Je vous mettrais une photo. C’est un tatouage qui reprend des références à des films, animes, univers, jeux vidéos qui me parlent et m’ont construit : un chocobo, un pampa et un mog pour les Final Fantasy, un calcifer et un totoro pour les univers de Miyazaki (en plus Cacifer a un caractère assez proche du mien), un carapuce pour mon petit monstre qui avec sa bouille toute ronde et ses attaques pistolet à eau ressemble à ce pokémon, et un kitsune pour le rappel au Japon et le côté polymorphe de l’animal, c’est un esprit surnaturel qui s’adapte à son environnement et à ses interlocuteurs afin de cacher sa vraie nature.

Voilà, un petit tour de mes tatouages et du pourquoi je les ai fait. Cette article a été fait dans le cadre du projet 52 de 52 dentelles, vous pouvez allez voir les autres contributions ici.

Et toi ? Tatoué ou pas ? Tu voudrais en faire ? Ou tu n’aimes pas ça ou n’ose pas sauter le pas ? Tu veux m’en raconter les significations ?