Nous étions invincibles…

Nous étions invincibles, ou tout du moins c’est ce qu’on pensait. Entre 18 et 35 ans, étudiants, plein de rêves, d’espoirs et d’utopies. Le monde devant nous ! Grand, vaste, sans limite. Certes déjà bien assombrit par tant de guerre, d’horreur, de pollution, mais devant nous. Nous avions la vie devant nous, nous étions la vie.

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Nous étions invincibles…

Nous riions, nous parlions, nous fêtions. Nous étudions un peu et travaillions plus ou moins suivant nos milieux sociaux d’origines et notre taux de bourse… Mais nous avions les mêmes rêves, et le même avenir. Enfin c’est ce qu’on croyait.

Mais la réalité nous rattrape toujours, tôt ou tard. L’insouciance s’en est allé, aujourd’hui avec toi, avec eux. C’est drôle quand on se penche sur ses souvenirs, sur nos années de jeunesse, nos années étudiantes, et qu’avec un pincement de nostalgie on ressent à nouveau le monde vibrer, le combat nous envahir, et l’utopie nous soulever. Revivre un instant fugace cette sensation d’invincibilité, ce sentiment d’avoir une vie devant soit pour vivre des aventures, découvrir le monde, refaire le monde.

Aujourd’hui j’ai appris une triste nouvelle. Pourtant on ne se connaissait pas plus que ça, on avait juste partagé une lutte étudiante, des bancs d’université et quelques discussions endiablées autour de la culture, du monde, de la politique ou de la philosophie. Ce sont ces instants précieux qui nous ont un peu façonnés, et qui nous accompagneront tout au long de nos vies. Ce sont ces sourires, ces rires, ces rêves qui me resteront en mémoire. Et toi, je garde un doux souvenir de toi, t’éloignant sur ton vélo, avec ton manteau et ton chapeau.

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C’est fou, fou de se dire que je ne t’ai pas vu depuis des années, mais que tu es toujours là dans mes souvenirs de cette époque. C’est fou, fou de se dire que la vie t’a été ôté par des idéaux tellement à l’opposé de tes rêves. De nos rêves. Alors je pourrais hurler, je pourrais pleurer, je pourrais haïr tous ces pions qui tuent un, trois, cinq, dix, cent et plus de personnes, je le pourrais… mais ce n’est pas tout cela qui m’aidera à accepter l’inacceptable. Je ne hais pas ces petits écervelés qui pensent faire la révolution avec des petites actions, aussi mortelles soient-elles…. J’en veux à tous ces gens derrière qui prônent la haine, qui ont peur de la différence, de la tolérance et de l’amour, qui ont des rêves de dictatures et de tortures. J’en veux à ceux qui leur vendent des armes, à ceux qui les utilisent pour leur propre politique, à ceux qui tranquillement depuis chez eux envoient des petits malfrats de bas étage à la mort, la leur et celles de toutes les victimes qu’ils feront….Et ces gens, qui murmurent des horreurs, lavent les cerveaux, ou font leur politique internationale suivant leurs souhaits et non les conséquences, ceux-là porteront le poids de tous ces morts, ceux-là sont à haïr, ceux-là sont à exiler sur une autre planète, loin, loin de ceux qui veulent juste la paix.

Vous serez immortels

Moi, je continuerais de garder ce sentiment d’invincibilité et de faire vivre ceux que nous avons perdu au fond de mon cœur et de mes souvenirs.  Nous les ferons être immortels : nos amis, nos familles, tous ceux que nous aurons perdu suite à des actes de folies.

Je me refuse de perdre mon espoir en l’humanité, mon optimisme et mon amour pour les autres à cause de ces horreurs, sinon, finalement, ce sont les meurtriers qui gagneraient.

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Je souhaite beaucoup de courage aux proches des victimes, et aussi à ceux qui le sont moins. Ce n’est jamais facile de perdre quelqu’un, qu’importe les circonstances. Et toi, tu resteras dans nos souvenirs à jamais. Tu seras toujours là, t’en allant sur ton vélo, le sourire à la bouche, rêvant d’un monde meilleur qui je l’espère, verra le jour.

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