Devenir parents : amour inné ou progressif ?

Le petit monstre a bien grandit. Il fait maintenant ses premiers pas kilomètres et commence à montrer son désaccord de manière très bruyante. Le petit monstre à presque 15 mois.

Aujourd’hui, c’est comme si il avait toujours été avec nous. On s’est apprivoisé, habitué les uns aux autres. Et on ne pourrait plus imaginer notre famille à 3 comme avant : moi, Monsieur Yéti et Némésis le chat démon. Pourtant, il nous a fallu du temps pour en arriver là. Pas 15 mois certes, mais les premières semaines il a fallu s’habituer à cette nouvelle présence, ce nouvel être vivant dans la famille.

Un amour inné ou à construire ?

Je fais partie d’un groupe de discussion de maman, et lors de nos échanges avant et après l’accouchement, j’ai pu remarquer que finalement il y a tellement de sensibilités différentes. Il y a celles qui aiment leur futur enfant dès le petit plus sur le test de grossesse, d’autres dès les premiers coups dans le ventre (ou la vessie, ou l’estomac, ou les côtes), d’autres le jour où leur regard se pose enfin sur le petit bout, dans la salle d’accouchement, comme une vague d’amour pour ce petit être qui les submergent, et d’autres pour qui l’amour se construit, au fur et à mesure du temps passé avec ce nouveau venu.

Pour ma part, je fais partie de cette dernière catégorie. Je pense que le caractère et l’histoire personnelle jouent beaucoup là dessus. En effet, j’avais peur d’être enceinte, peur d’accoucher, j’ai du combattre et surtout comprendre mes peurs pour pouvoir me lancer, accepter ce nouveau pas dans notre vie de couple. Parce que oui, dans un couple ce n’est pas forcement Madame qui veut absolument un enfant, ça peut aussi être Monsieur.

Le mythe de la mère

Le problème dans notre société c’est qu’on présuppose qu’une petite fille va rêver d’un mariage parfait, dans une belle robe de princesse, avec le prince charmant, puis vouloir un petit bébé à s’occuper, rester chez soi, faire la cuisine, le ménage, la couture, réparer les boutons, l’intendance, et garder les enfants. Que la femme va s’accomplir dans ce rôle. Que c’est SON rôle.

Mais moi je ne me retrouve pas là dedans. Je ne rêvais pas de mon mariage mais de faire des robes de mariées (chouette c’est aussi ce que je fais). Je rêvais de monter ma boîte avant 30 ans, même si elle aurait une durée de vie courte, ça aussi c’est fait. Je rêvais de voyager, c’est en cours, j’ai encore beaucoup à voir. Je rêvais de m’accomplir dans ce que j’aime, c’est plutôt bien parti. Mais je n’ai jamais rêvé d’être une mère, une femme au foyer, ou une femme qui travaille mais ne vit que pour ses enfants, moi j’aime travailler, j’aime me sentir utile. J’ai besoin de me sentir utile.

J’ai donc dû travailler sur moi pour accepter une éventuelle grossesse. Pour accepter une certaine perte de liberté et la responsabilité d’un petit être à s’occuper. Je suis quelqu’un d’indépendante, qui a besoin du soutien des autres pour se lancer mais qui aime faire seule. Avoir un enfant signifiait un peu perdre cette indépendance… Mais avec la bonne personne, avec son soutien, on arrive quelques fois à combattre ses appréhensions et on se lance dans de nouvelles aventures.

Instinct maternel et amour ?

Pour moi le mythe de la mère c’est bien un mythe, c’est la société qui pousse les femmes à s’accomplir dans leur rôle de mère. Je crois avoir eu la chance de ne pas avoir été trop élevé dans cette représentation là. Après je n’irais pas jusqu’à dire qu’il n’y a pas d’instinct maternel, ou plutôt je vais le nuancer, il y a un instinct parental. Un instinct qui fait qu’on va toujours protéger et s’occuper des plus faibles en tant que femme ou en tant qu’homme afin de subvenir à leurs besoins et perpétrer les gènes et l’espèce. Mais ce n’est pas uniquement maternel, c’est les deux. C’est aussi ça qui fait que l’on s’occupe des enfants, que les pleurs nous sont insupportables ou désagréables, que l’on veut les protéger de tout. C’est ce qui va nous permettre de s’en occuper dès le début même si l’amour n’est pas de suite là.

C’est cet instinct, qu’au début je réfutais mais qu’aujourd’hui je vois, qui a fait qu’avec Monsieur Yéti, nous avons appris à vivre avec ce petit monstre, nous avons pris soin de lui et nous avons construit une relation. Même Némésis le démon accepte les câlins du petit monstre.

Alors quoi de neuf sous le soleil de février ?

(ouahh comment que j’ai inséré le thème deux de février ! ha ha)

Aujourd’hui je peux dire sans amertume que nous sommes une famille, que nous nous aimons, que l’on vit heureux sous le soleil (et non la neige sniff T_T) de février. Que nous regardons notre petit monstre grandir, découvrir le monde, apprendre, avec des yeux plein d’amour. L’amour qu’ont les parents pour leur enfant, un amour qui est inné ou qui se construit, un amour qui s’apprend, se découvre, à des hauts (lors de ses nouvelles acquisitions) et des bas (quand ça ne dort pas la nuit), mais qui est là et qui sera toujours là. Un amour unique et multiple à la fois. Et qu’importe comment il est venu, maintenant il ne nous quittera plus.

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