Tampon : notre meilleur ennemi

Hier soir sur France 5, dans l’émission Le monde en face, un documentaire très intéressant a été diffusé sur les tampons, nos amis tous les 28 jours, « Tampon, notre ennemi intime ».

Je conseille à toutes les femmes mais aussi aux hommes de regarder le replay de ce documentaire sur France 5, ici pour être plus précis.

Ce film est très intéressant, il nous invite à nous questionner sur les produits que nous utilisons souvent mais qui, si petits soient-ils, peuvent faire finalement beaucoup de dégâts. Des problèmes de santé mais aussi d’infertilité et d’écologie. Déjà dans les années 1980, aux USA, un scandale éclate à cause de ce tout petit objet. De nombreuses femmes décèdent d’un choc toxique (je vais l’abréger CT) et en particulier à cause d’une marque : Rely (marque qui n’existe plus aujourd’hui mais qui s’est transformé en Tampax youhou) > notons que ce n’est pas la première boîte qui suite à un scandale sanitaire ou écologique change de nom mais garde la même politique et les mêmes gens…. je dis ça….

Alors parlons un peu de ce tampon, des risques, des pollutions, mais aussi des avantages.

Qu’est-ce qu’un tampon ?

Oui, au premier abord, la question paraît inutile. Tout le monde sait ce qu’est un tampon non ? Un petit cylindre en coton ou en matière synthétique que les femmes installent dans leur vagin pour absorber le sang des règles. Voilà ce qu’on dira toutes et tous. Mais sait-on réellement ce que c’est ? Comment est-il fabriqué ? Quelle est sa composition ? ET voilà, nous avons mis le doigt (sans mauvais jeu de mot) sur le coeur du problème. On ne sait finalement rien.

Les composants des tampons ne sont pas écrits sur la boîte. Premier problème, mais finalement un petit problème car on peut toujours lire la composition sur les sites web des marques. Sauf que malgré les compositions qui semblent safe au premier abord : du coton et du polyester ou tout autre produit synthétique, un test a été réalisé en août 2016 par les autorités françaises, et Oh Surprise ! on trouve encore des traces de fibres synthétiques alors qu’elles sont censées en être absente suite à l’affaire Rely aux USA (voir la partie sur les risques dans cet article un peu plus bas) et beaucoup mais beaucoup de produits chimiques, de perturbateurs endocriniens etc…

Alors certes, certaines marques, sur leur site, précise qu’elles n’utilisent pas de blanchiment au chlore, mais elles ne disent pas comment elle font le blanchiment. Or, moi, je n’ai pas vraiment confiance quand on ne me dit pas comment c’est fait. Dans le reportage, la plupart contenaient du chlore, mais aussi des dioxines qui tiens, tiens tiens, sont interdites dans les produits vendus dans l’UE. Bizarre, bizarre…

Alors la dioxine, sur le site de l’OMS, est donc très dangereuse pour la santé :

« Les dioxines sont très toxiques et peuvent provoquer des problèmes au niveau de la procréation, du développement, léser le système immunitaire, interférer avec le système hormonal et causer des cancers. »

Il est aussi noté que les dioxines restent longtemps dans l’organisme car elles sont très stables et s’installent notamment dans les tissus adipeux. Donc une fois qu’elles sont là, il en faut du temps pour l’éliminer. Or, un peu plus bas on peut lire ceci : « Le fœtus en développement est le plus sensible à l’exposition à la dioxine. Le nouveau-né, dont les systèmes organiques se développent rapidement, pourrait également être plus vulnérable à certains effets. » ça ne donne pas très envie de s’en mettre dans le vagin non ?

La dioxine est aussi très dangereuse pour environnement :

« Les dioxines constituent un groupe de composés chimiquement apparentés qui sont des polluants organiques persistants dans l’environnement. »

Dans le reportage une usine de tampons aux USA est présentée. Elle pollue depuis des décennies l’eau notamment en reversant ses produits chimiques dans la rivière du coin. Une pollution aux dioxines principalement…

Les risques et comment les éviter :

Alors je pourrais encore parler pendant un moment de tout ce qui a pu être dit dans ce reportage sur la composition des tampons. Mais je préfère vous laissez revoir le documentaire en replay.

Les risques, je pensais surtout à un risque, mais dans ce documentaire d’autres pistes sont présentées et semblent être possibles.

Tout d’abord le choc toxique (communément appelé syndrôme du choc toxique – STC). C’est une réaction forte suite à la présence d’une toxine dans l’organisme. D’où vient cette toxine ? Elle est produite par le très connu staphylocoque doré. Et c’est là que là devient intéressant et même flippant. Pourquoi le CT ? Tout simplement parce que le tampon crée un petit nid douillet et chaud, bien humide pour que staphylocoque puisse proliférer en paix et produire sa petite toxine. Sympa non ?

La suite est tout aussi sympa… Donc dans les années 80 aux USA, de nombreuses femmes achetaient des tampons. La marque Rely a eu la grande idée, pour améliorer le confort des femmes, de créer des tampons à base de fibres synthétiques (re-voilà l’histoire du synthétique) afin de mieux absorber le sang et donc de permettre de laisser le tampon plus longtemps. Or, de un, le staphylocoque (on va l’appeler Henry comme ça, ça rime) aime bien le synthétique, il y est plus à l’aise, mais, de deux, Henry a plus de temps pour faire des dégâts car comme il absorbe mieux ce petit tampon, les femmes le gardent plus longtemps.

Les autres risques abordés alors ? Je vais faire court. Tout d’abord, un petit test sur les composants des tampons a été fait pour les besoins du reportage. Il en est ressortit qu’un gros tas de perturbateurs endocriniens étaient présents et notamment des phtalates. Or la plupart sont considérés comme cancérigènes ou possiblement cancérigènes, et certains causent aussi l’infertilité. Alors on pourrait dire : mais c’est en petites doses. Oui mais un empoisonnement ça fonctionne aussi par petites doses, tous les jours un peu. Dans notre cas c’est pendant environ une semaine tous les 28 jours sur une cinquantaine d’années on va dire. C’est énorme. Qui plus est, on nous a toujours dit de ne pas mettre n’importe quoi sur les muqueuses. Les crèmes que l’on achète, c’est bien écrit dessus, à cause des composants, on ne les mets pas sur les muqueuses quelles qu’elles soient. Pourtant, les tampons, on ne se gêne pas pour carrément les mettre dedans…

L’autre risque supposé mais pas vérifié, ou plutôt pas suffisamment vérifié pour que les fabricants de tampons soient inquiétés, c’est l’endométriose. Une chercheuse en Afrique du sud, elle même touchées par l’endométriose (mais qui va mieux depuis l’arrêt des tampons), a fait une recherche sur les liens entre les tampons et les femmes touchées par cette maladie. Son hypothèse c’est que comme le sang ne s’écoule pas avec un tampon mais reste dans le vagin, l’endomètre qui devrait s’évacuer ne part pas et donc migre. Lorsqu’elle a arrêtée les tampons les douleurs de règles ont disparues et l’endométriose c’est calmée. Sa théorie n’est donc pas aussi farfelue que cela.

Comment minimiser ces risques alors ?

La première solution serait d’arrêter complètement les tampons. Je dois avouer que pour ma part, après avoir su qu’il y avait des fibres synthétiques et du plastique dedans, même en faible quantité, ça ne me donne plus vraiment envie. Mais bon ça fait longtemps que je n’en mettais plus car mon flux n’était pas assez abondant pour que cela soit agréable.

Seconde solution : en mettre moins souvent, que quand c’est nécessaire et les changer le plus souvent possible. Il vaut mieux aussi éviter les hyper-super-méga absorbants car c’est ceux qui ont le plus de chances de donner un CT.

There will be blood, get over it !

Enfin, je terminerai cet article en vous disant que d’avoir ses règles c’est juste naturel. Voilà, pas besoin d’en avoir honte, de vouloir cacher ses protections, de dire qu’on a mal au ventre honteusement en espérant que personne ne remarque que l’on va souvent aux toilettes pour changer sa protection. Le documentaire en parle très clairement : le marketing cherche à montrer que c’est « sale » d’avoir ses règles ! Et donc les industriels jouent beaucoup sur cet aspect pour nous faire acheter des produits « innovants » qui absorbent de mieux en mieux, avec des parfums et bien blanchis pour que ça ait l’air propre. Mais non, c’est la nature, ça ne sert à rien de lutter. Alors il va y avoir du sang, il va falloir vous y faire !

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 Commentaires

  1. Merci pour ton article très complet !
    J’ai justement parlé du sujet sur mon blog aujourd’hui… C’est alarmant et tout le monde doit être au courant :/
    http://www.marmille.fr/blog/tampon-dangereux/

    Belle soirée !

    1. Merci !
      ET tu as bien fait d’en parler sur ton blog aussi, c’est vraiment un sujet qui devrait être plus mis en avant dans les médias. Cela touche directement notre santé. Mais bon visiblement ça n’inquiète que peu de gens -_-.
      J’ai lu ton article, il est très bien aussi 😉 !

Les commentaires sont clos.