De la mort à la vie : récit d’une naissance

Je n’ai pas forcement envie de m’étendre sur des sujets trop personnels, mais quelques fois, écrire sur un sujet personnel peut faire du bien, beaucoup de bien. Donc avant de reprendre des articles plus proches de ceux que j’écris habituellement, j’ai besoin de raconter cette histoire-ci.

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De la mort…

Non, ce n’est pas l’histoire de Benjamin Button, qui « naît » vieux et régresse jusqu’à devenir bébé. Non, c’est une histoire différente et pas forcement joyeuse.

J’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans mon futur rôle de mère, à me dire que je deviendrai responsable et redevable d’un petit être. J’en ai pleuré quelques fois, mais j’ai beaucoup travaillé sur moi pour accepter tout cela. J’en ai même écris un article qui sera peut-être publié un jour. Je ne vais donc pas raconter tous mes états d’esprit de la grossesse et de mes questionnements métaphysiques etc… Mais je vais tout de même faire un petit contexte : au même moment où j’ai su que j’étais enceinte, mon père a dû prendre un rendez-vous auprès d’un urologue pour rechercher la raison de la présence de sang dans les urines. Pendant tout le premier trimestre, il y avait donc mon concours à préparer et l’ombre d’un souci de santé qui planait sur mon père. Au quatrième mois le verdict est tombé, mon père a un cancer de la vessie. Durant un mois environ, se posait la question du stade du cancer. Heureusement, en juillet, le stade fut sûr, c’était un stade précoce. Mon père allait donc avoir un traitement à partir de fin septembre avec de bons taux de rémissions et guérisons. Un soulagement certes, mais j’avais quand même passer tout le début de ma grossesse à avoir du mal à me projeter dans une nouvelle vie quand on risque de perdre quelqu’un de proche.

Pour en rajouter un peu à ce climat pas très agréable, la grand-mère de mon Yéti de mari a aussi été hospitalisé plusieurs fois durant ma grossesse. En juin, mois magnifique où j’avais mes oraux et mois où mon père a su pour le diagnostique, la grand-mère s’est cassé le fémur. Passons sur sa longue hospitalisation et les problèmes de soins, elle a finalement pu rentrer en septembre, mais ne pouvait plus marcher. Cette immobilisation l’a affaiblit quelque peu. Fin octobre elle a été hospitalisé une nouvelle fois pour une infection.

Nous voilà donc début novembre. Le dimanche 6 plus précisément. La grand-mère fait un malaise. On va la voir, toute la famille proche va la voir. Je pressens que la fin est proche. Il faut dire qu’elle avait 96 ans ! Mais même avec une longue vie, la mort est toujours dure à accepter pour les proches. Dans la nuit du dimanche au lundi, elle décède. Un premier gros choc de ce début de mois.

En même temps, mon père doit faire son dernier traitement le mercredi qui vient et le lundi 7 novembre, mon beau-père se fait opérer du coeur : une nouvelle pile est nécessaire pour son pacemaker. Une semaine pleine de tensions, de stress et de risques en somme. Et c’est durant cette semaine que le petit monstre a décidé de pointé le bout de son nez !

… à la vie !

La nuit suivant le décès de la mamie, j’ai un pressentiment bizarre. Je sens que la naissance est proche. Tellement proche que je m’active à préparer ma valise de maternité avant de me coucher. Je me couche et me réveille une première fois à cause de l’acidité de fin de grossesse – ou plutôt du second et troisième trimestre dans mon cas… Je décide donc d’aller dormir sur le canap’ vu que j’y dors beaucoup mieux et pour ne pas déranger mon yéti qui a déjà eu une nuit difficile la veille. Je m’endors puis me réveille avec quelques contractions anarchiques. Cela dure une petite quinzaine de minutes puis s’arrête. J’ai toujours le même fort pressentiment mais je m’y attends plus pour le lendemain ou le jeudi, jour de l’enterrement de la grand-mère. Je me rendors une nouvelle fois pour … me réveiller une troisième fois en 3h !! Cette fois-ci je me réveille sans raisons apparentes : ni acidité, ni contractions, mais un pressentiment très très fort que c’est maintenant, c’est le moment, que je vais accoucher.

Alors oui, une femme enceinte fait de nombreux rêves liés à l’accouchement en amont aussi, sans que cela se traduise vraiment par un accouchement. Mais, là, ce n’était pas un rêve. Les quelques secondes, ou minutes où je reprends mes esprits et ressens ce drôle de sentiment passent et sont suivi de… la rupture de la poche des eaux ! Voilà, voilà, le pressentiment est devenu réalité, il est temps de partir à la maternité !

De drôles de coïncidences

Le petit est né le mercredi 9 novembre en début d’après-midi. Mon yéti – papa yéti maintenant ^^ – a pu rester une heure avec nous, le temps que tout soit fini. (Non je ne vais pas rentrer dans les détails glamour ici) Pourquoi une heure une fois le petit né ? Tout simplement parce que ce même jour, dans le même hôpital, quelques étages plus bas, a eu la mise en bière (mise en cercueil) de l’arrière-grand-mère du petit être qui venait tout juste de naître ! Il y est donc allé.

Ainsi, cette semaine de début novembre a été très riche en différents événements et sentiments. De la tristesse pour la perte d’un être cher, la mamie, de l’inquiétude pour l’opération de mon beau-père, du soulagement pour le dernier du gros des traitements de mon papa (même si tout n’est pas entièrement fini, mais le plus dur et le plus gros semble passé) et enfin la joie de rencontrer enfin ce petit yéti qui vient agrandir notre famille.

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C’est aussi pour ça que je n’ai pas pu être là pour écrire ces derniers temps. Moi qui pensait pouvoir profiter du congé maternité pour écrire des articles en toute tranquillité, c’est raté ! Mais c’est ça aussi la vie, des surprises, bonnes ou moins bonnes ! Le tout c’est de s’y adapter et d’essayer d’en tirer le positif pour continuer d’avancer.

Crédits photographiques : www.myendlesslove.fr – photographe de mariages, grossesse, nouveau-né et famille en Alsace

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5 Commentaires

  1. Je prends enfin le temps de de te répondre.
    Quand ma soeur et moi nous sommes nés, ma grand mère était à un enterrement. Quand elle était encore en vie, elle en parlait souvent, du fait qu’elle avait eu du mal à penser au mort alors que sa fille était en train de donner la vie.
    Je suis très triste de lire que la grand mère de ton mari vous a quitté. Je sais combien il est difficile de perdre ses ainés. C’est un regret pour moi que mes grands parents n’ai plus été de ce monde pour mon mariage et ils ne seront pas là non plus pour la naissance de mon enfant.
    Il est dur d’accepter cette douleur.
    Je vous souhaite le meilleur.

    1. Merci beaucoup ! C’est le cycle de la vie dirons-nous (avec la fabuleuse musique du Roi Lion en prime !)
      Et même si je te l’ai aussi déjà dit : pour vous aussi je vous souhaite le meilleur avec ce petit être qui va arriver d’ici quelques mois !

  2. Coucou

    En 1er lieu je vous faire part de mes condoléances, ce n’est jamais facile de perdre quelqu’un. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je n’ai clairement pas envie de remuer le couteau dans la plaie.
    Mais je vous souhaite également toutes mes félicitations à la famille Yéti.
    Tout pleins de bonheur à vous et bonne continuation.

    1. Merci pour tout : les condoléances et les félicitations – ça fait bizarre dans la même phrase, non ?
      Merci en tout cas, merci !

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